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mardi 30 juin 2015

Z... comme Zazpi jauzi

Je terminerai ce challenge AZ par une tradition, qui avec la coiffe et le costume régional, fait partie intégrante de notre histoire : la danse.
Le Zazpi jauziak, ou les sept sauts, est un type de danse traditionnelle du Pays Basque qui consiste en un enchainement de pas et de changement de sens de rotation.
Le saut basque ou "mutxiko" est la base de cette danse. Contrairement à ce qu'indique son nom, il ne consiste pas à sauter, mais à exécuter une série plus ou moins longue de pas sur une trame rythmique enlevée où seuls les pieds agissent. 
Je vous propose pour conclure de terminer ce challenge en musique  : Zazpi jauzi



lundi 29 juin 2015

Y... comme lYs de la vallée

Le lys de la vallée est le nom usuel du muguet (appelé aussi "lys de mai"). Sa tradition remonte à la Renaissance.
Selon une  légende, en 1560, Charles IX alors âgé de 10 ans, et sa mère Catherine de Médicis, en visite dans le Dauphiné, reçurent du chevalier Louis de Girard un brin de muguet provenant du jardin de ce dernier. Dès 1561 le roi offrit alors à chaque printemps, un brin de muguet comme porte-bonheur à chacune des dames de la cour.
La coutume ne s'enracinera qu'au début du XXe siècle d'abord en région parisienne lorsque les couturiers parisiens organisèrent une fête dans le bois de Chaville et en profitèrent pour offrir quelques brins de muguet à leurs clientes et à leurs ouvrières. 
En 1919 le muguet supplantera l'églantine, fleur rouge à la symbolique révolutionnaire, lors de la fête du travail datant de 1889.
Mais c'est à Nantes, en 1932, lors de la fête du lait de mai, célébrée le 1er mai que l'on commence à vendre du muguet. Cette fête traditionnelle voulait que l'on aille boire du lait frais dans les fermes et que l'on s'échange la fleur du printemps : le muguet.

Fête du muguet à Nantes

samedi 27 juin 2015

X... comme XIXe siècle et l'invention de Noël

Noël est une tradition qui remonte à l'Antiquité, mais le Noël moderne n'est apparu qu'au cours du XIXe siècle. C'est un poème de Clément Clarke, publié en 1823 aux États-Unis, qui a lancé le personnage du Père-Noël. Ce dernier est décrit comme un lutin qui se déplace dans un traîneau tiré par huit rennes et dépose des cadeaux dans les cheminées. Santa-Claus est inspiré par Saint-Nicolas, évêque d'Asie mineure du IVe siècle, très populaire en Europe alémanique. Thomas Nast, caricaturiste de la Guerre de Sécession, l'a popularisé en le dessinant dans un costume rouge et en fixant sa résidence au Pôle Nord. Trois autres illustrateurs, dont Haddon Sublon qui travaillait pour la marque Coca-Cola dans les années trente, se sont chargés de lui donner son apparence actuelle de grand-père.

Le Père Noël par Thomas Nast en 1862 pour le Harper's Illustrated Weeklyde


Le sapin de Noël, quant à lui, a une origine moins précise. Il serait apparu en Alsace au XVIe siècle, puis ensuite la coutume se serait développée en Allemagne, en France et en Autriche. Son illumination avec des petites bougies de cire est une tradition qui n'est réellement apparue qu'au début du XIXe siècle, en Allemagne et en Europe de l'Est. Le sapin n'était dressé que le 24 décembre en raison des risques d'incendie. En 1882, à New-York, pour la première fois un sapin fut illuminé à l'électricité.

Sapin au XIXe



jeudi 25 juin 2015

W... comme Walpurgisnacht

Walpurgisnacht, ou nuit de Walpurgis, nommée en l'honneur de Sainte-Walpurge (710-779), est une fête païenne célébrée dans le nord de l'Europe et qui avait et a toujours lieu dans la nuit du 30 avril au 1er mai. En Moselle et en Alsace, la fête est connue sous le nom d'"Hexennacht" (la nuit des sorcières).
Elle symbolise la fin de l'hiver, parfois associée à la plantation de l'arbre de Mai ou à l'embrasement de grands feux. 
L’Inquisition déclara que cette nuit correspondait au sabbat des sorcières, elle était donc célébrée clandestinement et maintes fois interdite par l’Église, ses participants étaient menacés d'excommunication. En 1484 le pape Innocent VIII condamnera au bûcher toute personne associée à un quelconque acte de magie.
Afin de se prémunir des peurs médiévales que suscitait entre autre cette fête, on faisait sonner les cloches afin de chasser les démons (ces cloches étaient consacrées à la Vierge Marie, l'ensemble du mois de mai lui étant dédié). Pendant la nuit, afin de protéger les maisons, les étables et leurs habitants, on aspergeait de l'eau bénite, et on faisait claquer les fouets dans l'air, afin de reproduire, disait-on, le bruissement du Saint-Esprit, "das Brausen des heiligen Geistes". Les entrées des étables étaient ornées de jeunes bouleaux : on pensait qu'avant de pouvoir y entrer pour y jeter des maléfices, la sorcière se trouvait dans l'obligation de compter toutes les feuilles de l'arbre - ce qu'elle ne parvenait bien sûr pas à faire avant le lever du soleil, moment auquel elle se voyait obligée de disparaître. On plantait également du nerprun dans le fumier, toujours pour éloigner les mauvais sorts du bétail et de la ferme toute entière.




















V...comme Veillée des femmes

Les veillées ont une origine fort ancienne et tiennent une grande place dans la vie privée des paysans, et encore plus particulièrement dans celle des femmes.
C'est surtout autour de leur quenouille, pour filer, que les femmes se réunissent le soir, souvent fort tard. La veillée au Moyen-Age est désignée par le lieu où elle se tient :"escreigne" ou "acrogne" (de skarn qui veut dire fumier), "couarail" en Lorraine (de carogier, parler sur la place publique), "cantou" dans le Sud-Ouest (altération de l'occitan contou del fioc, le coin du feu), "craissat" dans le Nord (nom de la lampe à huile que l'on amenait)...
C'est une petite pièce formée de plusieurs perches plantées en terre de façon circulaire, ployées en haut, et recouvertes de mottes de fumier séché servant d'isolant. Une ouverture entre les perches permet de pénétrer dans cet abri. Ce terme désigne plus tard la pièce de l'habitation qui sert à la veillée, puis au XIXe, il désigne encore une veillée ou plus spécifiquement une réunion de femmes qui filent, tricotent ou brodent en racontant des histoires.
C'est là généralement après le diner que se transmet de génération en génération, la culture populaire dont les femmes sont les dépositaires : contes, légendes, histoires prodigieuses, recettes, dictons... Les hommes n'en sont pas exclus puisqu'ils fréquentent ces veillées, d'abord enfant en accompagnant leurs mères, puis plus tard quand ils s'y rendent afin de rencontrer des jeunes filles.


Taccuino Sanitatis - Une veillée au XIVe siècle

mercredi 24 juin 2015

U... comme Us et coutumes du Moyen-Age à nos jours

Beaucoup de nos us et coutumes remontent au Moyen Age : gestuelle, traditions alimentaires, jeux, croyances, superstitions...
Certains de nos gestes quotidiens n'ont pas toujours eu la connotation amicale que nous leur donnons. La poignée de main était surtout au Moyen-Age une manifestation de prudence : elle prouvait que lors de la rencontre entre deux individus ni l'un ni l'autre n'était armé. Il en est de même pour le fait de trinquer. Au Moyen-Age cela se traduisait de façon assez brutale afin que le contenu des deux chopes arrive à se mélanger, garantissant à l'un et à l'autre qu'aucun des deux n'avait l'intention d'empoisonner son compagnon.
La pomme d'ambre ou pomme de senteur (orange ou autre agrume dans lequel on plante des clous de girofle) permettait de parfumer agréablement une pièce ou encore le linge dans un coffre. Elle se portait aussi autour du cou lorsque les odeurs de la ville étaient nauséabondes. Pour les plus riches, l'agrume était enfermé dans dans un pomander qui se fixait en breloque à un bracelet, un collier ou un chapelet. De nos jours elle repousse les mites dans les armoires ou parfume encore nos intérieurs.
Dans un autre domaine, le bourreau était souvent peu apprécié. Les jours d’exécutions, il était de coutume pour le boulanger de lui réserver un pain. Afin qu'il l'identifie pour le récupérer, le boulanger avait l'habitude de le présenter retourné sur son comptoir. Pour conjurer le sort, les croyants faisaient un signe de croix à l'aide d'un couteau sur l'envers de leur pain avant de le partager.
La liste est loin d'être terminée...


Dessin de pomander

mardi 23 juin 2015

T... comme Tarasque

La Tarasque (sorte de dragon à 6 pattes) est un animal du folklore provençal censé hanter les marécages près de Tarascon, détruisant tout sur son passage et terrorisant la population.
La légende des Saintes de Béthanie (selon la tradition provençale, Marthe s'est établie, après la mort du Christ, en Provence aux Saintes-Maries de la Mer avec Lazare et Marie de Béthanie, et aurait vaincu la Tarasque à Tarascon) donna naissance à des festivités créées par René d'Anjou vers 1469 ainsi qu'à la création de l'ordre des Tarascaïres chargés de mener la bête. Ces festivités se déroulaient pendant deux jours, le second dimanche après Pentecôte, et reprenaient le jour de la fête de Marthe patronne de Tarascon le 29 juillet. Elles avaient pour but d'exorciser le mal qui se traduisait par les crues intempestives du Rhône. On accusait la Tarasque de bousculer les digues érigées et de rompre grâce à sa queue écailleuse les barrages qui empêchaient les eaux d'inonder la plaine Camarguaise. On construisait alors un monstre immense qui était lâché dans les rues et devait, durant les 50 jours suivant la Pentecôte, rappeler au peuple la terreur et la destruction qu'il engendrait. Cette fête s'accompagnait de jeux et de processions menés par les diverses corporations de la ville et les Tarascaïdes.

La procession de la Tarasque - 1788 - Musée Arlaten