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mercredi 25 mai 2016

#CHALLENGE AZ 2016



Cette année mon challenge AZ sera placé sous le signe de la littérature.
Mon plus ancien souvenir de généalogie remonte à la lecture des Rougon-Macquart d’Émile Zola pendant mes années de collège. Avant de commencer ma propre généalogie, je me souviens avoir pris plaisir à élaborer l'arbre de cette famille. 
"L'histoire naturelle et sociale d'une famille sous le Second Empire" a occupé son auteur pendant plus de 25 ans. Ce récit en vingt volumes était ainsi résumé par Zola : "Je veux peindre au début d'un siècle de vérité et de liberté une famille qui s'élance vers les biens prochains, et qui roule détraquée par son élan lui-même, justement à cause des lueurs troubles du moment, des convulsions fatales de l'enfantement d'un monde".
Témoignage d'une époque, ses romans sont le miroir d'une société pas si éloignée dans le temps qu'ont connue pour ma part mes arrière et arrière-arrière-grands-parents.

[Les notes préparatoires d’Émile Zola : "Notes sur la marche générale de l’œuvre" et "Notes générales sur la nature de l’œuvre" sont disponibles sur Gallica.]

mercredi 24 février 2016

MON GRAND-PERE ET LA RECLAME

En parcourant la presse quotidienne numérisée afin de trouver des renseignements sur le parcours de mon grand-père paternel, qu'elle ne fut pas ma surprise de trouver ce document ou plutôt cette "réclame" parue dans divers journaux au mois de novembre 1907.



Christine qui dans son blog a publié un article sur ces pilules Pink, se demandait alors si ces malades étaient imaginaires (http://genealanille.fr/pilules-pink-les-malades-sont-ils-imaginaires/). Eh bien non,  pas pour cette annonce car c'est bien mon grand-père que je découvre alors âgé de vingt ans, sa profession est exacte mais je ne l'ai connu que demeurant dans les Vosges à cette époque. En ce qui concerne sa pathologie je n'en ai pas connaissance et je ne sais quel a été le rôle des fameuses pilules Pink pour lui. Je suppose que cette activité "publicitaire" permettait à l'époque d'arrondir ses fins de mois. Peut-être a-t-il réitéré l'expérience...
En 1865, les annonces occupent un tiers de l’espace des journaux, et ce sont avec les affiches les seuls moyens d'attirer l’œil du consommateur. Les publicités avec témoignages de consommateurs qui sont la base de le promotion du produit sont nombreuses dans les publications, et le premier domaine de la réclame médicamenteuse au début du XXème siècle a été celui des fortifiants et produits miracles pour combattre l'anémie.
Les pilules Pink comprenaient de l'extrait de gentiane, de l'anhydride arsénieux, du bioxyde de manganèse, du sulfate ferreux, et de l'extrait de noix vomique. Elles étaient censées combattre l'anémie et la fatigue et ont été vendues en France dès 1893. "Les pilules Pink guérissent toutes les maladies causées par l'appauvrissement du Sang ou l'affaiblissement du Système nerveux. Elles guérissent promptement et sûrement l'Anémie, la Chlorose, Faiblesse générale, Migraines, Maladies nerveuses, Neurasthénie, Maux d'estomac". 
Leur succès a même dépassé les limites de la pathologie et sont mêmes devenues "littéraires et artistiques" pendant l'entre-deux-guerres.

Sources : "Revue d'histoire de la pharmacie n°355" - Société d'histoire de la Pharmacie - Eglise d'Albi : la semaine religieuse de l'Archidiocèse d'Albi. 1907/11/09."
qu'il
Hygiène et propreté sont des éléments émotionnels utilisés pour vendre des marchandises, après la Food and Drug Administration a approuvé la "Loi réglementant certaines drogues et Pure Food" en 1906. Bien que la fonction principale de la loi était d'obtenir des fabricants à la liste des ingrédients pour produits alimentaires et pharmaceutiques, agences de publicité utilisés sa présence à créer un grand nombre d'annonces ciblées clients soucieux de leur santé qui sont intéressés dans le nettoyage. Les produits qui ont favorisé les environnements de soins de santé, tels que Dixie Cups et Scott tissus, ont été parmi les principaux utilisateurs de ce type de publicité, en utilisant la peur d'attraper des germes de motiver les clients à acheter leurs marques. - See more at: http://fr.viva-read.com/article/annonces-de-1900#sthash.rDcSygGj.dpuf

vendredi 12 février 2016

de DALAAS à l'ALSACE

Je ne traverserai pas l'Atlantique pour cet article, et comme son nom ne l'indique pas vraiment (surtout à la lecture du premier acte concernant cet ancêtre) j'irai en Autriche.
J'ai mis du temps à retrouver ce village. Si il nous est parfois difficile de localiser une commune car nous avons peu d'éléments, ici le prêtre a bien mentionné l'origine d'Argobast MATHIAS : Dallas, Sonnenberg dans le Tyrol. Jusqu'à ces derniers mois, j'avais tenté quelques vaines recherches sur cette branche persuadée que je n'arriverai pas à obtenir beaucoup de renseignements.


AD 67 - commune de Scherwiller année 1702

En fouillant à nouveau sur le web, j'ai lu l'article d’Élise sur ses ancêtres venus du Vorarlberg (http://www.aupresdenosracines)  et ai trouvé cet article sur une autre famille originaire de Dalaas. Enfin quelque chose à se mettre sous la dent...
Dalaas est situé non pas dans le Sonnenberg mais dans le Vorarlberg côté autrichien à moins de 300 km de la frontière française actuelle. Quand je regarde les photos prises aujourd'hui de ce village, il est difficile d'imaginer que la vie était si difficile qu'elle a obligé nos ancêtres à quitter leur commune d'origine pour s'établir en Alsace, région alors totalement dévastée par la guerre de 30 ans.
J'avais enfin situé le lieu de naissance d'Argobast, il ne manquait plus qu'à découvrir quelques renseignements sur son ascendance.
Mais au généalogiste rien n'est impossible (enfin presque) et qu'elle ne fut pas ma surprise de découvrir que les registres catholiques et protestants du Voralberg sont en ligne depuis 2011 [Archives du Vorarlberg]. Les plus vieux registres de Dalaas remontent à 1640 et malgré le fait que je n'ai pu trouver que les parents, frères et sœurs d'Argobast, j'ai l'impression d'un grand pas en avant car contrairement à mon ancêtre paternel venu de Suisse à la même époque, et dont je n'ai pas pu retrouver le lieu de naissance, je sais que pour Argobast je ne pourrai aller plus loin : la boucle est bouclée...


Archives du Vorarlberg - Dalaas - naissance d'Argobast en 1670


vendredi 6 novembre 2015

PHOTOGRAPHIES ET MEMOIRE FAMILIALE DE LA GRANDE GUERRE

J'ai hérité des albums photo de ma grand-tante et à partir de la photo de mariage de mes grands-parents dont j'ai en partie la liste des invités, j'ai petit à petit retrouvé les personnes qui figurent sur certaines photos. Ces dernières ont hélas été collées et ne font pas souvent apparaître de date ou de nom. Malgré tout entre les dates des évènements familiaux, les renseignements glanés dans la famille et une loupe, j'ai pu retrouver l'identité des personnes photographiées.
Mon arrière-grand-mère, Aminthe, était la seconde enfant d'une fratrie de dix filles nées entre 1883 et 1902, et semble avoir été très proche de certaines de ses sœurs car elle a conservé beaucoup de photos d'elles.
Certaines de mes "découvertes photographiques" m'émeuvent plus que d'autres comme le texte que j'ai découvert en décollant la photo de mon arrière-grand-tante Clémence et de sa fille Lucienne.
A cette photo j'ai pu en joindre une seconde qui date probablement de la veille de la Grande-Guerre. On y découvre Clémence la sœur cadette de mon arrière-grand-mère et son mari Firmin. Au centre leur fille Lucienne née en 1912.

Firmin, Lucienne et Clémence Pasquet début 1914

Au verso de la seconde photo j'ai découvert la correspondance que Clémence avait envoyé à sa sœur, Aminthe, probablement au début de l'année 1915 : "Chère sœur, je viens t'offrir mes meilleurs vœux et souhaits de bonne année à toi et à ton petit garçon, que tu ne sois jamais malade et surtout du courage. Je n'ai pas reçu de lettre de Firmin depuis lundi, je suis inquiète .... (la photo est coupée). Plus rien, je suis en bonne santé et aussi ma petite Lucienne."
Mon arrière-grand-mère venait de perdre son premier mari le 6 novembre 1914 en Belgique, le mari de Clémence ne reviendra pas non plus, il décèdera dans la Somme le 16 octobre 1916, presque deux ans après son beau-frère.
Aminthe se remariera avec un cousin de son premier époux en 1918 et donnera naissance à ma grand-tante et à ma grand-mère. Clémence quant à elle épousera en 1920 son beau-frère, veuf d'Emilienne l'une des dix sœurs.

Clémence et sa fille Lucienne fin 1914 (au verso la correspondance entre les deux sœurs)


lundi 26 octobre 2015

TOULOUSE : DES TROIS COUCOUS AUX TROIS COCUS

Décidément le métro toulousain et ses stations m'ont plongé dans des recherches toponymiques sur cette ville qui a bercé ma jeunesse. Je ne dresserai pas un inventaire de toutes les curiosités linguistiques de Toulouse mais certaines m’interpellent. J'avais raconté dans un précédent article l'histoire du quartier de la Salade (du gibet à la salade), voici celle du quartier des "Trois Cocus" dont la dénomination moderne est un nouvel exemple des transformations qui s'effectuent au cours des siècles dans la langue orale.
Au XVe siècle, on apercevait sur l'actuelle place des Trois Cocus, au sommet du pignon d'une maison surmontée d'une petite croix en pierre, une pierre encastrée dans la muraille sur laquelle était gravée la silhouette de trois oiseaux : "Tres Cocuts" en occitan pour Trois Coucous.
La transcription de l'occitan "Tres Cocuts" au français "Trois Cocus" serait due, dit-on, à des soldats de Napoléon qui, séjournant dans le quartier, auraient demandé à ses habitants le nom du quartier. Ceux-ci auraient répondu "Tres Cocuts" et les soldats ne parlant pas l'occitan comprirent "Trois Cocus".
Aujourd'hui il n'y a plus plus de maison surmontée de trois coucous, seulement le sentier des trois coucous sous titré en occitan "Camino del Tres Cocuts" et une station de métro...

Station des Trois Cocus

mardi 20 octobre 2015

TOULOUSE : DU GIBET A LA SALADE

La toponymie nous offre quelquefois des définitions pleines de surprise et certains quartiers toulousains portent des dénominations singulières.
Au nord de Toulouse se trouve le quartier de la Salade, au sud le chemin de la Salade-Ponsan. Vous me direz qu'il n'y a là rien de curieux en matière de nom excepté que l'origine de ces noms n'a rien à voir avec les activités agricoles de la ville autrefois. Au nord les activités de maraichage ne débuteront qu'au milieu du XIXe siècle et ces noms de lieux sont beaucoup plus anciens et bien moins « ruraux » que ce à quoi ils pourraient prétendre. La Salada désigne communément en occitan la place du gibet avec ses fourches patibulaires où l'on pendait et exposait les corps des condamnés.
Jusqu'à la Révolution les condamnés à mort étaient exécutés en centre ville place Saint-Georges. N'étant pas dignes d'une sépulture normale, leurs cadavres étaient pendus à l'entrée de la ville jusqu'à complète décomposition.
Cette fourche faite de deux bois entrecroisés où l'on insérait la tête du supplicié est une coutume qui remonte à l'Antiquité. Celle de Toulouse était située à l’entrée nord de la ville à un grand carrefour passant : le but était d’exposer les corps afin de dissuader les éventuels brigands de sévir dans la ville. A l'époque, les exécutions publiques était un spectacle qui attirait la foule. Des échoppes étaient installées et on peut penser que leur commerce était florissant puisque Toulouse servait alors de haute cour de justice à tout le Languedoc et que l’on dénombrait pas moins de six fourches sur cette place.
Supprimées en France au début du XVIIeme siècle, la salade de Toulouse a fonctionné jusqu’à la Révolution malgré les protestations de la population de ce quartier populaire que les odeurs nauséabondes faisaient plus qu’incommoder.
Une autre salade existait au sud de la ville. Son souvenir est rappelé par le chemin de la Salade, nom que l'on a complété par Ponsan (nom d'une métairie voisine) afin d'éviter toute confusion avec la salade du Nord, où existe toujours la place de la Salade.


Fourches patibulaires (Coutumes de Toulouse, 1296, Bibl. Nat)

samedi 1 août 2015

AU FIL DE MES LECTURES : LES NAUFRAGÉS DE L'ILE TROMELIN

LES NAUFRAGÉS DE L'ILE TROMELIN    -   Irène FRAIN


"Un minuscule bloc perdu dans l'océan Indien. Cerné par les déferlantes, harcelé par les ouragans. C'est là qu'échouent, en 1761, les rescapés du naufrage de L'Utile, un navire français qui transportait une cargaison clandestine d'esclaves. Les Blancs de l'équipage et les Noirs de la cale vont devoir cohabiter, trouver de l'eau, de la nourriture, de quoi faire un feu, survivre. Ensemble, ils construisent un bateau pour s'enfuir. Faute de place, on n'embarque pas les esclaves, mais on jure solennellement de revenir les chercher. Quinze ans plus tard, on retrouvera huit survivants : sept femmes et un bébé. Que s'est-il passé sur l'île ? À quel point cette histoire a-t-elle ébranlé les consciences ? Ému et révolté par ce drame, Condorcet entreprendra son combat pour l'abolition de l'esclavage."


Irène Frain à travers son roman nous fait revivre avec justesse ce naufrage et donne vie à ces "oubliés".
J'ai souhaité en savoir plus sur cet épisode tragique et j'ai complété le roman d'Irène Frain par cet ouvrage plus scientifique mais très intéressant et facile à lire : le récit des recherches qui ont eu lieu en 2006 sur l'île. L'archéologie des vestiges de Tromelin et l'histoire élaborée à partir des archives maritimes, accompagnées de schémas et croquis restituent une fois réunies toute l'ampleur de cette tragédie.





"31 juillet 1761. L’Utile, navire négrier de la Compagnie française des Indes, fait naufrage sur les récifs coralliens de l'île de Tromelin, minuscule atoll sablonneux perdu dans l'océan Indien. Parmi les rescapés, une soixantaine d'esclaves malgaches et 122 hommes d'équipage. Une embarcation de fortune est construite avec les restes de l'épave. Elle repart avec les Français. Faute de place, les Malgaches restent sur l'île, contre la promesse qu'un bateau viendra bientôt les secourir. Promesse non tenue. Ce n'est que 15 ans plus tard, en 1776, que la corvette La Dauphine récupère par hasard les huit esclaves survivants: sept femmes et un enfant de huit mois. Que s'est-il passé entre-temps sur l'atoll? Comment les esclaves oubliés ont-ils résisté aux assauts des tempêtes tropicales, au manque d'eau et de nourriture? Comment-ils sont-ils parvenus à maintenir un feu allumé sur une île dépourvue d'arbres? Depuis l’expédition archéologique menée sur l’île en 2006 par Max Guérout et Thomas Romon, il est aujourd’hui possible de reconstituer l’existence de ces nouveaux Robinson. Pour la première fois, voici dévoilé l’ensemble de leurs découvertes. Une étude illustrée d’une superbe iconographie et accessible à tous, qui raconte la tragédie de ces esclaves abandonnés sur une île d’1 km2, cernée par les déferlantes et harcelée par les ouragans. La première grande étude sur cette histoire fascinante par les deux meilleurs spécialistes."



 En 2011, un documentaire coproduit par l'INRAP et intitulé "Les esclaves oubliés de l'île Tromelin" a été primé au 4ème festival international du film archéologique de Besançon.