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vendredi 15 mai 2015

LES COLONS DE L'ISLE DE FRANCE

Au cours de mes recherches toulousaines, j'ai rencontré deux branches collatérales alliées parties faire fortune en Isle de France.
Jean François Victor de BERMONT et Hélène Elise BONHOMME se marient en 1780 à Muret près de Toulouse. Leurs familles qui comptent des négociants et des marchands ont fait fortune grâce au commerce, et pour celle de l'époux, a acquis sa noblesse grâce au capitoulat. Leurs deux premiers enfants naissent et décèdent en bas-âge à Muret.
Il semblerait que Jean François ait fait le premier voyage seul à Maurice, car il est mentionné arrivant en 1786 alors que son épouse se trouve encore en France avec un enfant. Il rejoint sans doute son beau-frère Bertrand BONHOMME installé à Maurice depuis 1778. Ce dernier a fondé une famille et est devenu armateur de corsaires. Leur oncle avait choisi Port au Prince des années plus tôt.
La famille s'établit à Pamplemousses au nord-ouest de l'île où j'ai retrouvé quelques traces de leur présence notamment dans les relevés faits par les cercles de généalogie français pour Maurice. Les derniers enfants du couple sont nés à Maurice en 1800, 1802 et 1803.
Sont-ils décédés à Pamplemousses ou bien rentrés en France ? J'ai seulement retrouvé la trace du décès d'une de leur fille Adélaïde Eloïse Victorine décédée en 1831.
Pour la famille TOUCHE l'aventure est similaire, mais les renseignements plus difficiles à trouver.
François TOUCHE, négociant, et Jeanne de VIGUIER se marient à Toulouse en 1722, leur dernier  enfant Emmanuel Noël Gabriel né en 1740, embarque en 1777 pour Port Maurice. Il y fera lui aussi souche et sa descendance sera très "exotique" : Durban - Bombay - les Seychelles - Saïgon.
Les recherches que j'ai entreprises sont loin d'être terminées car le goût de l'aventure semble à cette époque avoir gagné d'autres rameaux...

Isle de France en 1791

La colonisation des îles Mascareignes n'a débuté qu'à la fin du XVIIeme, et ce de manière beaucoup moins intensive qu'aux Antilles. 
Cet archipel à l'est de l'Ile Dauphine (Madagascar) comporte trois îles : l'Ile Bourbon actuelle Ile de la Réunion, l'Ile Rodrigues et l'Ile de France future Ile Maurice.
L'engouement colonisateur semble avoir été freiné d'une part par l'attrait qu'offraient les Caraïbes aux futurs colons, mais aussi peut être par la Compagnie des Indes dont dépendait l'archipel. Quoiqu'il en soit cette colonisation s'affirmera à l'Ile Bourbon après 1715, et seulement au temps de la Bourdonnais vers 1740 à l'Ile de France, prenant son essor dans les années 1770 quand la Compagnie des Indes perdra son privilège.
Les hollandais furent les premiers colonisateurs de l'Ile de France de 1598 à 1710, date à laquelle ils quittèrent l'île. La seconde vague de colonisation fut réalisée par les français en 1715 quand l'île devint possession française, jusqu'en 1810 quand les britanniques mirent fin à l'hégémonie française dans cette partie de l'Océan Indien. Le Traité de Paris fit perdre à la France l'archipel des Seychelles et celui des Mascareignes, excepté l'Ile Bonaparte (la Réunion) rétrocédée à la France. L'Isle de France comptait alors 80% d'esclaves pour la plupart originaires d'Afrique Orientale et 20% de colons : elle devint l'Ile Maurice. Néanmoins la présence française ne s'est pas éteinte et certains colons sont restés à Maurice. Les relevés effectués par les associations montrent leur présence encore récemment.
Pourquoi migrer aux Mascareignes au XVIIIe ? C'est un monde presque neuf et les relations commerciales que l'on peut y nouer avec la côte d'Afrique Orientale, l'Inde et la Chine sont en plein essor.
Bertrand-François MAHE de la BOURBONNAIS, gouverneur général des Mascareignes, et l'intendant Pierre POIVRE, respectivement dans les années 1740 et 1760, permettent à 'Isle de France de redorer son blason. Pierre POIVRE, chargé du développement des épices pour le commerce, mettra ensuite en place les premières structures de l'administration royale qui remplacera celles de la Compagnie des Indes. Il amorcera le développement économique de l'archipel en introduisant un grand nombre d'épices et en organisant des plantations.

Les Îles Mascareignes vers 1780. Dessin de Rigobert Bonne pour l'Abbé Raynal, Atlas de Toutes les Parties Connues du Globe Terrestre, Dressé pour l'Histoire Philosophique et Politique des Établissements et du Commerce des Européens dans les Deux Indes .

Sources : Association Maurice Archives - Cercle de Généalogie Maurice-Rodrigues - Revue d'histoire des colonies -

jeudi 14 mai 2015

AU FIL DE MES LECTURES : LES FEMMES AU QUOTIDIEN

LES FEMMES AU QUOTIDIEN DE 1750 A NOS JOURS - Marie-Odile MERGNAC


On lit souvent des propos du genre " La femme au XIXe siècle était comme ci, celle du XVIII siècle comme ça... ". Or, il n'y a pas une femme, mais des femmes. Lorsqu'on en parle au singulier, c'est qu'on évoque seulement celle qui a laissé des écrits, publié des mémoires, bref la femme issue de la noblesse ou de la haute bourgeoisie, la femme lettrée, femme de lettres parfois. Comme ces dictionnaires qui mettent des vignettes sur les costumes du Moyen Âge à nos jours et qui ne dessinent que des costumes de cour : les petits écoliers sont persuadés, en toute bonne foi, que leur aïeule portait sous Louis XIV une haute perruque poudrée garnie de perles et de plumes ainsi qu'une vaste robe à cerceaux. Combien de femmes étaient habillées ainsi en réalité? Une toute petite minorité. La minorité qu'on appelait à la Belle Époque " le monde " ou " la société ", comme s'il n'existait rien en dehors d'elle.
C'est tout le mérite de cet ouvrage de tenter d'aborder, époque par époque, les différentes conditions féminines. Synthèses et portraits issus de généalogies ou d'interviews se succèdent pour approcher au mieux et de façon très vivante, la multiplicité des parcours. Une approche originale qui permet une véritable compréhension du passé.





Cet ouvrage nous permet de découvrir la vie quotidienne de nos ancêtres à différentes époques et à différents stades de leur vie.
L'auteure divise son ouvrage en 5 périodes  (1750 - 1800 - 1850 - 1900 - 1930) puis pour chaque période en 5 catégories sociales différentes : sans famille, la paysannerie, les artisans, la bourgeoisie et l'aristocratie. Elle donne vie à chacune des parties de son ouvrage en décrivant, à travers son portrait, la vie d'une femme de l'enfance à l'âge adulte.

jeudi 23 avril 2015

AU FIL DE MES LECTURES : CERTAINES N'AVAIENT JAMAIS VU LA MER

CERTAINES N'AVAIENT JAMAIS VU LA MER - Julie OTSUKA


 "Ces Japonaises ont tout abandonné au début du XX e siècle pour épouser aux États-Unis, sur la foi d'un portrait, un inconnu. Celui dont elles ont tant rêvé, qui va tant les décevoir. Chœur vibrant, leurs voix s'élèvent pour raconter l'exil : la nuit de noces, les journées aux champs, la langue revêche, l'humiliation, les joies aussi. Puis le silence de la guerre. Et l'oubli. D'une écriture incantatoire, Julie Otsuka redonne chair à ces héroïnes anonymes dans une mosaïque de la mémoire éblouissante. Un roman bouleversant. Traduit de l'anglais (États-Unis) par Carine Chichereau"

On découvre au travers de ce roman un pan de l'Histoire peu connu : l'envoi de jeunes filles japonaises aux Etats-Unis par le biais de l'immigration officielle, sous couvert de mariage de femmes japonaises pour servir de main d'œuvre dans les champs et de domestiques, entre les deux guerres mondiales !
Comme souvent, on leur a promis la lune : l'Amérique leur offrira tout. Elles partent avec, pour seul bagage, leur kimono. Une photo du futur époux - un japonais ayant émigré depuis plus longtemps - leur permettra de le reconnaître. Mais bien évidemment, la réalité est tout autre.
Ces femmes trahies par leur futur époux et par leur pays "d'accueil", par absence de choix et de moyens, par honte, tairont à leur famille restée au pays les conditions misérables dans lesquelles elles vivent. Dans ce nouveau pays, elles perdront tout, leur vertu, leur dignité, jusqu'à leur culture.
C'est un très beau roman de l'exil et de destinées collectives.

samedi 18 avril 2015

MON HISTOIRE SANS FIN

Il y a plus de 30 ans que la généalogie fait partie de mon quotidien, serait-elle devenue une addiction ?
Souvent en vacances chez ma grand-tante, elle me laissait toujours feuilleter les albums de photos de famille qu'elle avait précieusement conservés, étant une des dernières dépositaires de mon histoire familiale maternelle après le décès de sa sœur cadette, ma grand-mère, à la naissance de ma mère. Cette année là j'ai eu la curiosité de lui demander l'identité des personnes figurant dans les albums et j'ai enfin pu mettre un visage sur tous ces personnages dont j'avais entendu parler et que j'avais quelquefois rencontré mais que je n'arrivais pas à relier les uns aux autres.
C'est la photo de mariage de mes grands-parents en 1939 qui a été le déclic. Je découvrais ma grand-mère pour moi inconnue et cette nombreuse famille maternelle que je connaissais vaguement.
Par chance ma grand-tante vivait dans sa commune de naissance et le service d'état civil de la mairie fut le lieu qu'elle m'indiqua quand elle eut du mal à répondre à mes questions car ses souvenirs la trahissaient.


Le virus a été immédiat et les recherches ont débuté. L'arrivée de l'informatique a accéléré mes trouvailles et après avoir ajouté ma branche paternelle à mes recherches, j'ai à la naissance de mes enfants, ajouté leur branche paternelle.
Impossible de dire réellement où j'en suis car ces branches sont extrêmement différentes,  certains de mes ascendants se sont beaucoup "baladés" et ne m'ont pas facilité la tâche. J'ai conservé la méthode papier de mes débuts alliée à la méthode informatique, et il me serait difficile de travailler autrement.
Mais ce qui au début n'a été qu'un loisir est devenu plus que ça : j'ai rencontré des gens formidables, animé des ateliers de généalogie, me suis remis au latin et à l'allemand, suivi des cours de paléographie, débuté le portugais, considérablement amélioré mes connaissances en géographie, fait de l'entraide et de la traduction pendant une dizaine d'années, repris des études d'histoire, contaminé mes proches, pris des "vacances généalogiques" afin d'allier l'utile à l'agréable, collectionné les cartes de lecteur d'une vingtaine d'archives départementales, et sûrement beaucoup d'autres choses.... et finalement créé mon blog.

jeudi 9 avril 2015

JUIN 1660 : UN SEISME ET UN MARIAGE ROYAL

Les registres paroissiaux comportent de temps à autre des mentions qui relatent la vie de la paroisse ou les évènements particuliers qui ont bouleversé la routine quotidienne de la commune. Peut-être en avez-vous rencontré à la date du 21 juin 1660.
Ce jour là se produisit un formidable tremblement de terre dans les Pyrénées et c'est à aujourd'hui le plus important séisme des Pyrénées françaises. L'intensité des effets de la secousse et la distance de sa propagation le positionne à une magnitude de 6,1 sur l'échelle de Richter.
La secousse est ressentie jusqu'au Poitou, où un moine de l'abbaye de Saint-Maixent, à 400 km de l'épicentre relate : « le 21 juin, sur les quatre heures du matin, arriva un grand tremblement de terre qui esmut tellement l’ancien réfectoire qui sert d’église et le dortoir qui est dessus que toutes les chambres en furent ébranlées et les lits des religieuses secoués comme si on les eut renversés… ».

Au cours de mes recherches dans le sud-ouest je trouve de temps en temps les témoignages des prêtres ou des notaires concernant ce phénomène, en fait je jette toujours un oeil dans les registres que je consulte à cette date...
Ainsi le curé de Cordes dans le Tarn note :


AD81 - Saint-Michel de Cordes - baptêmes 1656-1692


Mais cet évènement eut aussi d'autres répercussions. Revenant de leur mariage célébré quelques jours plus tôt le 9 juin à Saint-Jean-de-Luz, Louis XIV et Marie Thérèse d’Autriche ressentent fortement le séisme à Captieux en Gironde. Il est relaté par Mademoiselle de Montpensier, qui les accompagne, dans ses mémoires : "J'entendis un fort grand bruit et à même temps heurter à ma porte, comme si la maison eût tombée ; ce bouleversement et ce bruit tout ensemble m'éveilla, j'ouvris la porte, et mon chirurgien qui y étoit me cria: « Sauvez-vous! la maison tombe. »

Plusieurs documents de cette époque signalent des rumeurs négatives à la suite du séisme qui survient seulement deux semaines après le mariage royal. Dieu manifeste publiquement sa désapprobation envers Louis XIV jeune monarque et jeune marié. A cette époque ces signes représentent toujours un danger pour la monarchie car d'une part le peuple est très sensible à ces phénomènes naturels, mais aussi parce que les adversaires du roi pourront les exploiter à bon escient.
Le chirurgien Guy Patin grand épistolier de l'époque termine sa relation de l'évènement en ces termes : "a signis caeli nolite metuere (ne craignez pas les signes du ciel), je suis de l'avis du Saint-Esprit". Pour ce dernier comme pour la majorité de la population, il existe toujours un lien entre une secousse, une épidémie et des impôts.
Vingt ans plus tard le tremblement de terre est encore présent dans les esprits : "Peut-estre vous souviendrez vous de celuy que l'on sentit à S. Jean de Luz quand le Roy se maria., (Mercure Galant, mai 1682)"

Isoséistes du séisme du 21 juin 1660 - Sisfrance (BRGM)

 Dans les Pyrénées, la terre continua à trembler par intermittence durant trois semaines.

Sources : « Les séismes dans les Pyrénées » - Annie Souriau & Matthieu Sylvander - Edition Loubatières - "Les tremblements de terre aux XVIIe et XVIIIe siècles: la naissance d'un risque" Grégory Quenet - "L'invention de la catastrophe au XVIIIe siècle" Colloque janvier 2005

vendredi 3 avril 2015

DE MERE EN FILLE : UNE ASCENDANCE POITEVINE

Pour faire écho à l'article de Benoit, je remonte moi aussi au sosa 31 vers la droite, direction ma lignée cognatique. (http://mesracinesfamiliales.blogspot.fr/2015/03/au-sosa-31-je-remonte-vers-la-droite-ma.html)
Contrairement au reste de mon arbre, ma branche maternelle ne s'étend que sur quatre départements limitrophes, dans lesquels j'ai déjà recensé pas moins d'une centaine de communes où mes ascendants sont nés, se sont mariés ou sont décédés, ce qui m'a permis d'éplucher bon nombre de registres. Ma lignée maternelle elle ne se concentre que dans une seule commune jusqu'à ma grand-mère. Elles sont toutes nées et ont vécu l'une après l'autre dans le village de Bouillé-Saint-Paul.

Bouillé Saint-Paul - Cersay - Argenton l'Eglise (79)



Cette ascendance compte actuellement onze générations en partant de mes filles.

G1  : mes filles                     G2 : moi

 

G3 : ma mère 

La dernière de ma lignée maternelle à être née dans les Deux-Sèvres.

G4 : Madeleine Andrée TAVARD

° 03/09/1918 Cersay   + 21/01/1940 Argenton l'Eglise
Elle n'aura vécu avec sa fille, ma mère, que durant 21 jours. 

Madeleine vers 1936

G5 : Aminthe Honorine Léonie BENOIST

°19/04/1886 Bouillé St-Paul   +16/02/1945 Bouillé St-Paul
Elle a perdu son premier époux dès le mois de novembre 1914. 
Veuve avec un fils de 1 an, elle se remarie en 1917. 
De ce second mariage elle aura deux filles, ma grand-mère décédée à 22 ans 
et sa soeur aînée qui restera célibataire. 

Aminthe vers 1902

G6 : Rosalie Jeanne BUROT

°9/12/1861 Bouillé St-Paul   + ?
Fille unique, Rosalie sera la mère de 10 filles entre 1883 et 1902.

Rosalie en 1909, elle n'a que 48 ans

G7 : Françoise Rosalie DIGUET

°22/05/1834 Bouillé St-Paul   + ?
Je n'ai plus jamais trouvé de trace d'elle après la naissance de sa fille.

G8 : Marie JOUSSET

°12/01/1801 Bouillé St-Paul   +15/10/1857 Bouillé St-Paul
Son époux se remarie 10 ans plus tard à l'âge de 66 ans avec une veuve de 59 ans.
Il décèdera un an plus tard.

G9 : Marie CASSIN
°14/04/1759 Bouillé St-Paul   +12/07/1834 Bouillé St-Paul

G10 : Mathurine PERAUDEAU

°15/04/1725 Bouillé St-Paul   +01/01/1781 Bouillé St-Paul
 Elle épousa un veuf de 20 ans plus âgé qu'elle avec qui elle eut 6 enfants, 
et éleva les 6 enfants que son époux avait eu de son premier mariage. 
L'aîné n'avait qu'un an de moins qu'elle.

G11 : Françoise DEROUINEAU

° vers 1697 Bouillé St-Paul   +20/08/1732 Bouillé St-Paul
Elle décède à l'âge de 35 ans, 3 mois avant son époux, laissant plusieurs orphelins.


vendredi 20 mars 2015

AU FIL DE MES LECTURES : CES NOMS QUI SONT LES MIENS

CES NOMS QUI SONT LES MIENS - MARTINE DELERM



"Chosson. Avant Delerm. Je suis née Chosson, Chosson et Petit. Chosson et Huguet, Terreyre et Faye. Je suis née protégée de trois grands-parents et d'une arrière-grand-mère. Avant : rien. Le néant.
Côté souvenirs, la malle est légère. Une nappe chiffrée, un chemisier de dentelle, un bout de ruban, un cahier de chansons, quelques cartes postales... Et puis : rien. Le néant.
Naître avec un seul nom, trop peu de noms, naître sans grenier. C'est cela la première pauvreté.
Alors j'ai voulu savoir ce que je savais déjà, que tout un monde vibrait en moi, un peuple de paysans, d'artisans. Une petite foule immense. Couleur de terre. Une petite foule d'oubliés, d'effacés dont les os depuis longtemps délités ont nourri les récoltes humaines."

"Ces jours-ci sort mon dernier livre. Le récit, comme un journal intime, des premiers moments d'une quête généalogique. La découverte d'un livret de famille déchiré, recollé offre soudain une vérité nouvelle et éclaire une arrière-grand-mère d'une autre lumière. Juste de quoi prendre brutalement conscience qu'on ne sait rien de ceux qui vous ont précédée. Alors commence la quête, l'enquête, longue patience et un à un ceux que l'on croyait effacés à jamais viennent se glisser dans votre vie. C'est cette aventure immobile, fragile et violente que j'ai voulu mettre en mots dans "Ces noms qui sont les miens". Les dire en me disant, les trouver en me trouvant." M. Delerm - février 2011


A travers cet ouvrage, Martine Delerm nous emmène dans le sud du Puy de Dôme vers Novacelles.
Elle se rend sur place à la recherche de ses ancêtres, de leurs maisons, de leurs tombes, des paysages qui les ont vu vivre, et à partir de quelques noms et prénoms, de quelques dates et de rares documents, elle leur redonne un peu d'humanité en les imaginant.
Cet ouvrage nous transporte dans un passé récent où l'on devine des vies immuables, des vies paysannes à la dure, l'omniprésence de la mort, des vies d'immigrés à Paris et à Saint-Mandé.
Ce passé commun à beaucoup d'entre nous, nous permet de rêver, d'inventer ces vies et peut-être aussi de nous trouver et de nous réconcilier avec nous-mêmes. Et si nous partions sur leurs traces nous aussi et laissions pour un moment nos recherches à distance ?