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samedi 24 juin 2017

T comme TABLIER

Le tablier cumule trois fonctions dans l'habillement féminin : protection, symbolique et ornement. Le chanvre, les toiles rustiques, les tissus usagés réemployés sont les principales matières utilisées pour les grands tabliers des travaux ordinaires que l'on ceinturaient par des attaches ou une coulisse. Des poches sur le devant ou intérieures plus ou moins grandes complétaient le tablier.
La percale, le taffetas et la soie, des petits plis ou des fronces étaient choisis pour confectionner les tabliers longs et étroits des tenues de fête.
A la maison, il avaient plusieurs fonctions : protéger la robe, faisant office de gant pour retirer une poêle du fourneau, panier afin de transporter les légumes ou le petit bois jusque dans la cuisine...


Tablier de fête - Quimper

Le tablier est aussi vêtement de travail. En Provence, la poissonnière est vêtue d'un tablier avec de larges poches. Initialement ce tablier était fait de la toile épaisse des navires, de couleur écrue. Plus tard il sera confectionné dans un tissu plus résistant et sera de couleur noire.
La coutelière au XIXe siècle, portait un costume qui était en réalité son magasin de vente ambulant. L'élément essentiel de son costume était le tablier de travail appelé "poche à couteaux". En lustrine verte et doublé de cuir, sa particularité résidait dans ses trois ou quatre poches sur lesquelles étaient cousus ou sertis de gros crochets auxquels la coutelière suspendait son achalandage

Tablier de poissonnière - Marseille

Les crochets de tablier étaient utilitaires jusqu'au début du XXe siècle, c'est un objet typique des artisans. Bien visible et positionné dans le dos de l'artisan, il mettait en avant l'appartenance à une corporation. Les artisans s'en servaient pour attacher leur tablier en réunissant les deux liens, dont l'un était muni d'une boucle et grâce au crochet recourbé fixé sur l'autre patte, l'artisan maintenait son tablier serré autour de sa taille.


Crochet de la corporation des bourreliers

jeudi 22 juin 2017

S comme SARRAU et SOUQUENILLE

Avant l'invention de l'école et le port du sarrau par les écoliers, ce vêtement était déjà utilisé depuis plusieurs décennies.
Les différents dictionnaires de l'Académie Française au XVIIIe et XIXe siècles le définissent comme une espèce de souquenille que portent les paysans, les rouliers & les soldats. 
Au XXe siècle la définition change un peu est le sarrau est une  sorte de blouse que portent les paysans, les charretiers, etc., par-dessus leurs vêtements.
La souquenille est un long vêtement fait de grosse toile, que prenaient les cochers et les palefreniers pour s’en couvrir quand ils pansaient les chevaux. C'est aussi dans un autre registre un mauvais vêtement, une guenille, une loque.
La sarrau est donc une blouse de travail ample à manches longues, portée par-dessus les vêtements. De différentes couleurs, de différentes matières et de différentes utilisations : bleu, blanc, de toile bise, écrue ; sarrau de paysan, de peintre, de roulier, le mot sarrau est aujourd'hui utilisé pour nommer la blouse des chirurgiens.
Au XIXe siècle, les hommes portent un sarrau bleu en coton, en lin ou en chanvre. C'est le vêtement type de la classe ouvrière et agricole à cette époque. Selon si il est vêtement de fête ou de travail, quelques différences apparaissent dans l'ampleur et la longueur selon les régions. Il se porte au-dessus d'une camisole de laine ou de flanelle. Certains corps de métier se distinguent par une couleur de sarrau particulière.


Du sarrau des paysans
à celui des écoliers

mercredi 21 juin 2017

R comme RUBAN

Le ruban accessoire vestimentaire est une bande de tissu plus ou moins large qui sert à orner divers vêtements et chapeaux ou à retenir les cheveux. Le ruban a également été au cours du temps décorations militaires, religieuses, civiles, signet de missel, lacet de bijou, lacet de montre...
La rubanerie de luxe est très florissante au XIXe siècle et l'industrie de Saint-Étienne est un centre rubanier important.
Mais comme le bijou, le ruban est une parure identitaire signant la classe d’âge, l’appartenance sociale, politique ou religieuse de celle qui le porte. C’est aussi l’élément le plus distinctif du costume régional féminin provençal.
Lo "coulano" dans le costume provençal est d'abord un simple ruban de velours ou de soie qui s'est vite agrémenté d'une croix en or, croix Maltaise ou croix Maintenon. Les protestantes portaient au bout de leur ruban une colombe représentant le Saint-Esprit. Ces rubans pouvaient être brodés, parfois avec des fils précieux. 
En Bretagne, les croix étaient souvent portées sur de larges rubans en velours ornés de paillettes, la brillance étant censée réfléchir le mauvais sort.
La mode du tour de cou en ruban de velours se généralise au XIXe siècle où le ruban est utilisé seul ou comme support de pendentifs ou de croix.

Arlésienne aux oeillets - Antoine Raspal - musée Grobet-Labadié, Marseille

Tout comme les bijoux, les coiffes s’agrémentent de barbes c'est à dire rubans ou brides qui se nouent sous le menton, pendent ou sont remontées de chaque côté du visage.
En Savoie, le "tréchu" et le "cochenu" forment un ruban de velours noir de 3m50 de long pour natter les cheveux et former la "couache" (cheveux nattés et enroulés à l'arrière de la Frontière qui est une coiffe savoyarde elle-même garnie de rubans de soie).)
Le ruban de la coiffe provençale est un ruban de velours de soie à motifs sur fond satiné de 7,5 cm de large et de longueur variable uni, bicolore ou multicolore selon l'époque. Il s'enroule autour du peigne qui retient la chevelure et est maintenu par une épingle. Laissé flottant à son extrémité (le guidon) cette dernière est bordée de dentelle dans les costumes de fêtes.

Frontière savoyarde
Ruban arlésien



mardi 20 juin 2017

Q comme QUANTITE

Dans le trousseau de mariage, on trouve essentiellement du linge de maison et des vêtements : linge de corps (culottes, bonnets, bas...), de lit (draps, taies, housses...), de table (nappes, serviettes, torchons...) confectionnés et marqués pour durer toute une vie.
Dans les familles modestes, le trousseau est confectionné petit à petit par la mère et la jeune fille dès l'adolescence. Les différentes pièces nécessaires au trousseau sont achetées au fur et à mesure puis marquées à l'initiale du patronyme de la future mariée, celle du fiancé sera brodée plus tard à gauche de celle de la fiancée.
Dans les familles aisées, les étoffes sont choisies scrupuleusement. Le trousseau s'expose et est une fierté pour la famille car il donne une indication sur la situation financière et sociale de la future mariée. Il représente en général 5% de la dot mais son ampleur dépend de la fortune familiale. Le trousseau d'une famille aisée se compte par douzaine de pièces, pour les plus modestes par trois douzaines.
Au XIXe siècle, paraissent des manuels de savoir-vivre qui détaillent le contenu du trousseau idéal, en indiquant les quantités qui le constituent. Pour les modèles haut de gamme, il faut compter au moins "douze dizaines de chemises de jour, six douzaines en toile très fine et six en baptiste. Autant de chemises de nuit. Deux douzaines de jupons courts pour la promenade ; six jupons de bal en mousseline à longue traîne et douze jupons de robe de chambre..." (Le Guide des convenances, édité par Le Petit Écho de la mode, 1920).
Le futur marié fournit pour sa part son propre trousseau qui comprend seulement le linge de corps.

Voici l'inventaire d'un trousseau alsacien de 1788 :
-  6 jupes en toile, 4 jupes en bombasin, 2 jupes en demi-lin, 2 jupons,
- 10 devantiers, 4 corsages,  6 casaquins,
- 12 tabliers noirs, 12 tabliers blancs,
- 1 châle,
- 2 douzaines de chemises en chanvre et 2 douzaines en lin,
- 12 bonnets,
- 4 douzaines de mantelettes
- 1 douzaine de paires de bas
- 2 paires de chaussure, 2 paires de pantoufles
- 1 douzaine et demie de draps
- 1 douzaine nappes, d'essuie-mains
ainsi qu'un balle de chanvre et une balle de lin...



lundi 19 juin 2017

P comme PELERINE et COMPAGNIE

La pèlerine n'est pas simplement le vêtement que porte l'écolier ou le policier jusqu'en 1950, vêtement plus proche de la cape que de son utilisation d'origine.
La pèlerine est un vêtement couvrant les épaules par-dessus un manteau et très en vogue au XIXe siècle. Son appellation provient de son utilisation multiple : manteau pour les voyages, couverture, nappe pour les repas durant les pèlerinages au XIXe siècle.
Sa durée de vie fut assez courte car après avoir été portée par tous les milieux sociaux, elle est abandonnée progressivement au cours du XIXe siècle sauf par les femmes.
Il est assez difficile d'établir des différenciations entre les pardessus, paletots, visites, mantelets et pèlerines. Il semblerait que chaque époque voit la création de nouveaux modèles de vêtements de protection avec des noms nouveaux.
Tout comme la multitude des modèles, il y a multitudes de matières. On trouve des pèlerines longues et courtes, en toile, en velours, en dentelle, au crochet, au tricot, en fourrure... (mode d'hier et d'aujourd'hui)

 
Pèlerine en dentelle de 1830

samedi 17 juin 2017

O come OBJETS INSOLITES

Accessoires, bijoux ou outils, ces objets insolites d'hier dont les appellations sont très imagées, ont disparu de notre quotidien.
Le saute-ruisseau ou pince-jupe également appelé trousse-jupon, accroche-jupe, page …est une pince munie de deux pattes, dont les extrémités rondes ou bombées, garnies  pour certaines de patins, permettaient de relever et de maintenir le tissu de la jupe sans l'endommager. Cet accessoire date de la fin du XIXe siècle et les ruisseaux dont il s'agit sont ceux des villes c'est à dire les caniveaux.
Le tire-lacet aussi dénommé tire-bouton, crochet à bottines ou crochet à gants était un objet permettant de faire passer les boutons des bottines, des guêtres, corsets ou encore des gants dans les boutonnières correspondantes. Il servait aussi à décrocheter les boutons car ces derniers étaient alors souvent de petite taille et de forme arrondie, difficiles à boutonner et déboutonner. Une bottine à elle seule pouvait compter de 15 à 20 boutons...

Pince à jupe
Tire-lacetescamotable

Les demoiselles de gantier plus communément appelées pinces de gantier ou fuseaux étaient utilisées par le gantier ou dresseur de gants afin de vérifier les coutures des gants, cette opération était appelée le baguettage.
Les pinces ou fers à tuyauter étaient des fers à repasser en forme de ciseaux que l'on utilisait afin de former des plis ronds et empesés sur des éléments d'habillage tels que les fraises et les jabots. Ils ont ensuite servi à tuyauter les coiffes, ruches, volants, bords de cols et bonnets.

Demoiselles de gantier
Pinces à tuyauter la dentelle


Le coulant est un petit bijou décoratif mais aussi utilitaire, destiné à glisser le long d'un ruban ou d'une chaine à la hauteur désirée par son propriétaire, tout en resserrant les brins parallèles, ce qui permet au pendentif de se maintenir correctement.

Coulants en forme de cœur pour croix normandes


Les agrafes de mante aussi nommées boucles ou crochets de mante ou de manteaux servaient à maintenir les deux pans opposés des mantes, manteaux ou capes faites en drap de laine épais. La mante est un vêtement d'extérieur sans manches portée par les femmes à la campagne, le manteau lui est spécifique aux hommes. La fonction première de l'agrafe est avant tout utilitaire, mais elle est aussi décorée. Dans les milieux modestes, elles est en fer ou en laiton et sa taille est ajustée au poids du vêtement.
Le crochet de blouse est plus petit et est réservé aux blouses d'hommes. Ce sont des modèles réduits des agrafes de mante.

Paire d'agrafes de mante


vendredi 16 juin 2017

N comme NOURRISSON

Au XIXe siècle, grâce au tricot, la layette proprement dite fait son apparition et remplace la "vêture" des enfants. Elle sert avant tout à tenir chaud et fait partie des sous-vêtements. Elle se réduit alors pour les nourrissons à des combinaisons, des culottes, des chaussettes et des tricots de peau. Elle a permis l'abandon de l'emmaillotement en maintenant l'enfant au chaud tout en libérant ses membres
Préalablement, et jusqu'au début du XIXe siècle les bébés étaient emmaillotés. Durant plusieurs siècles, le nourrisson garde ses bandes serrées jusqu'à l'âge de un an et afin de maintenir ses membres droits, une planchette est placée dans le maillot. Les maladies de peau sont alors fréquentes car l'enfant n'est que très rarement lavé. Il quitte l’emmaillotement progressivement : un bras puis l'autre à partir de 6 mois, puis les jambes en dernier.

Le bonnet (têtier, coiffe, cornette...) était un accessoire indispensable  de la garde-robe enfantine. Le béguin, capuchon qui couvre la tête et les oreilles et se fermant sous le menton, était le couvre-chef des bébés. Il faisait partie de la tenue de baptême et était utilisé quotidiennement. Le bonnet avait pour fonction première de protéger contre les intempéries. Il servait aussi à protéger les os du crâne de l'enfant, ce dernier portait un bonnet renforcé pour protéger la tête à la manière d'un casque. Mais le bonnet avait aussi une fonction sociale en étant différent selon les évènements, l'âge et la classe sociale des parents. Il n'était pas rare que trois ou quatre bonnets recouvrent la tête de l'enfant.

Béguin
Béguin

Quand l’emmaillotement disparait, les pieds des bébés sont couverts par des chaussons de laine, de tissu, de peau fourrée ou de soie dans les familles aisées, ceci afin de les préserver du froid. Dans les années 1930, le premier modèle de chaussure pour bébé est créé par Babybotte, qui brevète son concept  dans les années 1950.
Le bavoir quant à lui date du XIXe siècle. En 1900 ce sont de grandes collerettes en coton, brodées, assorties de dentelles. Plus esthétiques qu'efficaces. Quelques années plus tard, apparait le bavoir américain avec un lien à nouer puis plus tard un velcro.


Margotte et ses Babybottes

Bavoir 1900


Au XXe siècle, apparaissent progressivement diverses pièces réservées aux enfants puis aux bébés.
La barboteuse apparait dans les années 1900. Combinaison d'une pièce, toujours courte, elle est en laine pour l'hiver, en coton pour les beaux jours.
La grenouillère ou "Babygro", en maille extensible, arrive en France via les Etats-Unis dans les années 1960. Vêtement d'une pièce qui couvre intégralement l’enfant elle simplifie le change et laisse au bébé la liberté de ses mouvements.
Le body remplace le maillot de corps ou tricot de peau que portaient les bébés entre leur brassière en laine et la peau. Sous-vêtement d'une pièce il est plus pratique avec l'arrivée des couches jetables.
La gigoteuse ou turbulette apparait au XXe siècle, elle remplace progressivement les draps et couvertures afin de couvrir l'enfant dans son sommeil.

"Un bébé Babygro est un bébé heureux"